Des courtiers à l'œuvre dans la salle des marchés de la Bourse de New York (NYSE), à New York
par Claude Chendjou
Wall Street est attendue en ordre dispersé jeudi et les Bourses européennes sont également sur une tendance non uniforme à la mi-séance, le rebond des valeurs technologiques offrant du soutien tandis que le secteur de la santé pèse.
Les investisseurs continuent par ailleurs de s'interroger sur l'évolution du conflit au Moyen-Orient. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,15% pour le Dow Jones, une quasi-stagnation (+0,08%) pour le Standard & Poor's 500 et une progression de 0,43% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,32% à 8.279,28 points vers 11h20 GMT. À Francfort, le Dax avance de 0,12% et à Londres, le FTSE fléchit de 0,72%, pénalisé en premier par le secteur de la santé.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 0,21% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,59%. Le Stoxx 600 gagne 0,23%, porté par les ressources de base, la finance et la technologie.
Dans le sillage de la tendance observée sur les places asiatiques, le secteur technologique en Europe rebondit de 1,05%. Il avait récemment marqué une pause et sous-performait le Stoxx 600 depuis le début du mois après avoir enregistré en juin sa meilleure performance trimestrielle depuis 2001.
Le secteur de la "tech" aux Etats-Unis est également attendu dans le vert.
"Après trois séances consécutives de repli, le rebond des actions américaines du secteur des semi-conducteurs offre des raisons d'acheter la baisse", explique Han Ji-young, analyste chez Kiwoom Securities.
Le moral des investisseurs est également stimulé par une information selon laquelle la Chine pourrait autoriser ses entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle (IA) à accéder de manière limitée aux puces H200 de Nvidia, leader du secteur, ce qui laisse penser que la demande en infrastructures d'IA pourrait enregistrer une nouvelle croissance.
Par ailleurs, Citi note que les investisseurs sont plus positifs sur le secteur des logiciels en Europe à l'approche de la saison des résultats du deuxième trimestre. La banque américaine cite SAP, Dassault Systèmes et Capgemini parmi les grands noms du secteur à surveiller.
Le retour de l'appétit pour le risque sur les marchés intervient au lendemain d'une forte baisse des actions sur fond de reprise des hostilités au Moyen-Orient, l'armée américaine ayant procédé mercredi soir à une nouvelle série de frappes contre l'Iran, tandis que Téhéran cible le Koweït, le Qatar et Bahreïn.
Après avoir déclaré que le cessez-le-feu avec l'Iran était mort, le président américain Donald Trump a cependant souligné que Téhéran voulait un accord.
"Les évolutions positives concernant la thématique de l'IA soutiennent le moral des investisseurs, mais il ne s'agit pas simplement d'une question d'IA qui prime sur les inquiétudes liées aux tensions entre les Etats-Unis et l'Iran", commente Fiona Cincotta, analyste marchés chez City Index.
"Les investisseurs sont également devenus un peu moins sensibles à l'évolution de cette situation, la considérant comme faisant partie d'un processus toujours semé d'embûches vers un accord plus large", ajoute-t-elle.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Pepsi prend environ 2% en avant-Bourse après avoir fait état jeudi d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au deuxième trimestre, le géant des boissons bénéficiant d'une reprise de la demande de snacks salés aux États-Unis et d'une demande soutenue pour les sodas sans sucre.
VALEURS EN EUROPE
Les titres liés aux semi-conducteurs sont fortement recherchés à l'image d'ASML, STMicroelectronics, Soitec, Siltronic ou encore BE Semiconductor Industries, qui grimpent de 2% à 12%.
Dans le secteur de la santé (-1,94%), plus mauvaise performance du jour, AstraZeneca plonge de près de 10%, son médicament contre les maladies du système nerveux, Wainua, développé en partenariat avec la société américaine Ionis, n'ayant pas atteint son objectif principal dans un essai clinique.
Le fournisseur de services informatiques Computacenter bondit de 7,83% après avoir dit s'attendre à des résultats annuels supérieurs aux prévisions du marché, grâce à une forte demande d'infrastructures liées à l'IA.
Nordex gagne environ 5% à la faveur de l'annonce par le fabricant d'éoliennes terrestres d'une hausse de ses commandes de projets au deuxième trimestre.
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro reculent jeudi après avoir touché la veille un sommet en sept semaines sur fond de craintes liées à l'Iran.
Celui du Bund allemand à dix ans cède 1,6 point de base, à 3,07% tandis que le deux ans abandonne 3,3 points, à 2,67%. Le rendement de ces deux obligations avait grimpé mercredi respectivement de 10 points et de 12 de 12 points de base.
Les opérateurs sur les marchés monétaires anticipaient jeudi un resserrement monétaire supplémentaire de la part de la Banque centrale européenne (BCE), de 35 points de base, contre 40 points de base la veille, mais toujours bien au-dessus des 21 points de base anticipés en début de semaine.
Le marché digère par ailleurs le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE. Aux Etats-Unis, les "minutes" de la Réserve fédérale américaine (Fed), publiées mercredi soir, ont montré une préoccupation accrue de l'institut d'émission monétaire en juin à l'égard d'une inflation élevée. Ses responsables de la banque étaient toutefois divisés sur la question des hausses de taux.
En attendant, le rendement des bons du Trésor américain à dix ans monte jeudi, de 1,2 point de base, à 4,57%, à un pic de sept semaines.
Les données de LSEG suggèrent que les opérateurs anticipent au moins un relèvement des coûts d'emprunt d'ici la fin de l'année, tandis que le baromètre FedWatch de CME évalue la probabilité implicite d'une hausse des taux cette année à désormais environ 87%.
CHANGES
Le dollar est stable jeudi face à un panier de devises internationales, après avoir touché des sommets à la suite d'une reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, ce qui a provoqué une flambée des cours pétroliers et ravivé les craintes sur l'inflation.
L'euro avance de 0,11%, à 1,1427 dollar, et la livre sterling s'échange à 1,3400 dollar (+0,12%).
Le yen, qui se traite à 162,32 pour un dollar, reste fermement à des niveaux qui pourraient déclencher des achats des autorités japonaises pour soutenir la devise locale.
Le dollar néo-zélandais progresse de 0,7 % à 0,574 dollars, après que la banque centrale du pays a relevé ses taux et indiqué qu'elle pourrait le faire à nouveau si nécessaire.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est de nouveau en hausse jeudi après les importants gains enregistrés la veille. Les marchés continuent d'évaluer l'impact des frappes américaines sur l'Iran qui pourraient entraver les progrès dans les négociations visant à mettre fin à leur guerre et à permettre la réouverture complète du détroit d'Ormuz.
Le Brent prend 0,37% à 78,31 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 0,26% à 73,75 dollars.
Les deux principales références du pétrole avaient atteint mercredi leurs plus hauts niveaux depuis le 22 juin.
PRINCIPAL INDICATEUR ÉCONOMIQUE RESTANT À L'AGENDA DU 9 JUILLET:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au semaine au 218.000 215.000
chômage 4 juillet
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Tharuniyaa Lakshmi et Johann M Cherian à Bangalore;)

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